Archive des communiqués



21/10/2017 -

De l’urgence du dialogue interreligieux

Les évènements qui endeuillent régulièrement notre pays sous couvert de religion appellent à un discernement. Avant que d’être un problème religieux, ces phénomènes semblent bien être le fait d’intériorités vides. La raison en est-elle une agora spirituellement vidée ? Le dialogue interreligieux, attitude spécifiquement humaine et exigence de la foi chrétienne, est-il la réponse ?

P. Xavier Manzano, prêtre du diocèse de Marseille, directeur de l’Institut Catholique de la Méditerranée (Marseille-Aix), pôle associé à l’Université Catholique de Lyon, directeur au séminaire d’Aix-en-Provence, professeur de philosophie et ancien directeur de l’Institut de Sciences et Théologie des Religions (I.S.T.R.) de l’Institut Catholique de la Méditerranée (Marseille).



11/9/2017 - Femmes pour la paix

Femmes pour la paix

www.yaelchandesarbres.com



13/7/2017 - Déferlement de haine contre les musulmans en Birmanie

Déferlement de haine contre les musulmans en Birmanie

La vigilance dans chacune de nos religions est plus que jamais de rigueur, pour que vivent le respect et la fraternité entre nous tous. Les mots que nous employons pour parler les uns aux autres, les uns des autres, sont appelés à se polir quand nous marchons sur la ligne de crête des Artisans de Paix, comme des pierres qui se polissent au contact les unes des autres. Les actes sont appelés à se transformer partout dans le monde, pour que là où est la haine, vienne la paix. Aucune personne ni aucune religion ne peut faire l’économie de ce travail…

Des moines bouddhistes témoignent des errances de leurs propres coreligionnaires et appellent les Artisans de Paix du monde entier à s’éveiller. Regardez le reportage d’ARTE sur YouTube que nous envoie notre ami Tarik Abou Nour : “Déferlement de haine contre les musulmans en Birmanie. »

Christian Rogez nous alerte que dans quatre pays d’Afrique centrale, le pouvoir accentue les pressions contre l’Eglise engagée dans l’opposition. De la République démocratique du Congo au Burundi, le niveau de la menace des chrétiens passe d’inquiétant à alarmant. Cf journal La Croix du 12 juillet 2017.

A chacun et chacune d’agir comme il le peut, à la place unique qui est la sienne, pour sensibiliser les consciences et les éveiller à la paix.

Bien à vous tous, appelés que nous sommes chacun et ensemble, à réaliser le travail itinérant des Artisans de Paix.

Paula Kasparian
Présidente des Artisans de Paix



13/6/2017 - A la suite d’Elie, écouter la voix du silence…Venez et voyez, sentez et goutez comme est bonne la Parole de Dieu, réalisez la fraternité

A la suite d’Elie, écouter la voix du silence…Venez et voyez, sentez et goutez comme est bonne la Parole de Dieu, réalisez la fraternité

Les Artisans de Paix présentent leur 24ème Réunion Interreligieuse de Prières, à la Synagogue du MJLF (Paris), le 24 mai 2017, sur le thème : « A la suite d’Elie, écouter la voix du silence…Venez et voyez, sentez et goutez comme est bonne la Parole de Dieu, réalisez la fraternité ».



5/2/2017 - Se laisser toucher par le Souffle, toucher la Paix

Se laisser toucher par le Souffle, toucher la Paix

Les Artisans de Paix présentent leur 23ème Réunion Interreligieuse de Prières, une première dans un lieu bouddhiste, au Monastère de l’Inspir (Bouddhisme ZEN du Village des Pruniers) de Noisy le Grand, dimanche 5 février 2017, sur le thème : « SE LAISSER TOUCHER PAR LE SOUFFLE, TOUCHER LA PAIX ».



27/11/2016 - L’Avent : temps d’attente, de préparation, de conversion

L’Avent : temps d’attente, de préparation, de conversion

Quand nous parlons de conversion, nous pensons spontanément à des choses que nous devons faire pour nous approcher de Dieu. Les pénitents de Jean le Baptiste lui demandaient : « Que devons-nous faire ? » Et il leur indiquait bien concrètement ce qu’ils avaient à faire pour éviter la colère de Dieu et le châtiment. (Lc 3, 10-14)

En sortant des eaux du Jourdain, Jésus, lui aussi, se met à appeler à la conversion, mais c’est un appel différent et tout nouveau : “ Convertissez-vous, car le Royaume de Dieu s’est approché ”. (Mc 1, 14) Quelle heureuse surprise ! La grâce, l’amitié de Dieu, le pardon sont là offerts, il ne faut pas les obtenir, il faut les accueillir. Jean le Baptiste faisait encore de la repentance une condition à la venue de Dieu. Jésus apporte un pardon libéralement offert, une amnistie universelle. Dans son Royaume, le passé ne compte plus, et désormais il n’y a plus qu’un seul péché impardonnable : celui de ne pas accepter et accueillir le pardon offert par pure grâce. L’ordre ancien est totalement renversé au point que les derniers sont maintenant premiers et les premiers, derniers. Heureux le pécheur qui accueille le pardon, mais malheureux le juste qui le refuse parce qu’il n’en a pas besoin. Le règne du jugement cède la place au règne de la miséricorde. Le Temple ne sera plus dorénavant le lieu de l’expiation et des sacrifices, mais la maison du Père où ses enfants vivent et chantent sa miséricorde. Le régime de la peur recule devant la stratégie de l’amour.

L’Évangile opère une révolution totale et définitive de la vision de Dieu et de l’homme et de leurs rapports, révolution analogue à celle de Copernic qui ne fit plus tourner le soleil autour de la terre, mais la terre autour du soleil. Depuis les temps anciens, la religion était vécue comme l’effort de l’homme pour s’approcher de Dieu. Dans le Royaume qu’annonce et inaugure Jésus, c’est Dieu qui s’approche de l’homme, gratuitement, sans conditions et sans limites. La conversion de Jean partait d’en bas (l’eau), la conversion au Royaume vient d’en haut (l’Esprit Saint et le feu). (Mc 3; Lc 3, 16)

Dieu vient et nous prévient, non pas avec un jugement et un châtiment, mais avec une grâce toute nouvelle. Toute la nouveauté de la Bonne Nouvelle est là. L’attitude fondamentale pour entrer dans le Royaume de Dieu n’est donc pas une disposition à agir, mais à accueillir, non pas à faire, mais à se laisser faire. Notre croissance spirituelle ne se déroule pas au gré de nos efforts, mais « au gré de la grâce de Dieu ».

Cette attitude nouvelle, nous la trouvons, à l’aube même du salut nouveau, dans la Vierge Marie qui accueille la grâce et la rend. Elle ne dit pas : « Je ferai ta volonté, mais qu’il me soit fait selon ta parole. » Et son deuxième mot est le chant nouveau du Royaume, le Magnificat. Nous retrouvons cette attitude également chez les grands maitres spirituels et en particulier dans la spiritualité d’Ignace de Loyola. Nous savons la place centrale qu’y tient l’examen. Mais ce n’est pas un examen de conscience où je m’interroge sur ce que j’ai fait ou pas fait, mais une prière où je me place devant le Seigneur avec la question : Que veux-tu faire en moi, pour moi et par moi en ce moment ?

Voilà une bonne question pour ce temps de l’Avent et pour toute la vie. Car toute notre vie est appelée à être un Avent. Demandons-nous alors comment nous pouvons découvrir concrètement dans notre vie ce que le Seigneur veut y faire et est en train d’y faire ?

La réponse se trouve de deux façons: en creux dans notre cœur et en plein dans la Parole de Dieu. Quelques exemples aideront à clarifier ce que j’entends dire par là.

Je cherche Dieu sans le trouver et j’en souffre. Je multiplie les efforts de prière et de lecture, et les bonnes actions, mais en vain. Je me sens de plus en plus loin de Dieu et creusé par ce désir irréalisable. Or, c’est précisément dans cette impuissance que le Seigneur m’attend pour changer mon regard et me faire comprendre que c’est lui qui me cherche, passionnément, amoureusement. Mon impuissance même et ma faiblesse deviennent paradoxalement une invitation et une occasion de convertir mon regard et de me laisser trouver par Dieu.

Paul disait : « Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. » (2 Co 12, 10) Mon cœur est alors prêt à recevoir la Parole de Dieu qui peut réaliser en moi ce qui est impossible à l’homme. En relisant ou en écoutant des paroles trop bien connues, j’y trouverai un gout nouveau, une force et une lumière nouvelles, et une joie proprement évangélique. J’entendrai Dieu, dans le jardin des origines, appeler Adam qui se cachait (Gn 3, 9) et je me sentirai invité à sortir de mes propres retranchements.

Je verrai l’ange saluer Marie et, avec elle, j’apprendrai à répondre : « Voici ta servante, que tout se passe pour moi comme tu l’as dit ». (Lc 1, 3a) Ma misère et mes errements feront de moi une brebis perdue et tourneront mon regard vers le bon berger qui bat les buissons pour la chercher. (Lc 15, 3-7) Quand j’accueille la Parole de Dieu en centrant mon regard sur le Dieu-qui-vient, elle devient pour moi lumière, force et joie.

Un autre exemple. Je voudrais aimer, mais je vais d’échec en échec et je finirais par me décourager et même par me détester. C’est alors que je dois lever le regard et tendre l’oreille pour entendre les accents de l’amour de Dieu et m’en imprégner par la foi.
« Que tu es belle ma compagne, que tu es belle ! Tes yeux sont des colombes ! » (Ct 1, 15) « Avec une amitié sans fin je te manifeste ma tendresse » (Es 54, 8). « Voyez de quel grand amour le Père nous a fait don, que nous soyons appelés enfants de Dieu et nous le sommes ! » (1 Jn 3, 1)

En somme, pour découvrir la conversion évangélique à laquelle le Seigneur m’invite en cet Avent, je dois essayer de reconnaitre quelle est, en ce moment, la faille, la blessure par laquelle le Seigneur veut faire couler en moi sa grâce de régénération : un pardon impossible à donner ou à recevoir ? Un échec que je n’arrive pas à accepter et à intégrer ? Une peur qui me paralyse ? Un sentiment de culpabilité qui m’écrase ? Ma difficulté à prier, et même à croire ? Et puis lever le regard pour découvrir que Dieu désire plus que moi ce dont j’ai besoin et qu’il espère que je me laisserai enfin trouver, aimer, pardonner, guérir, transfigurer, ressusciter.

Pour conclure, je voudrais vous offrir comme pique-nique pour la route de l’Avent trois petites règles pratiques pour vivre en enfant du Père à l’exemple de Marie : Devant les évènements de ma vie personnelle et dans le monde autour de moi, me rappeler toujours que Dieu est Père et que “ tout est grâce ” pour qui aime Dieu.

Devant les exigences de ma vie personnelle, communautaire et ministérielle, ne pas me demander d’abord “ Que dois-je faire ? ”, mais “ Que veut faire le Seigneur en moi, par moi et à travers moi pour les autres ? ” Devant mes faiblesses et manquements, ne pas me décourager, mais en profiter pour approfondir mon sens de l’humilité devant la grâce et m’abandonner à sa miséricorde.

Herman Bastijns Missionnaire d’Afrique (Père Blanc)

Vincent Van Gogh : “Nuit étoilée”

Vincent Van Gogh : “Nuit étoilée”



1/11/2016 - Tous Saints ?

TOUS SAINTS ?

La définition du Petit Robert est très éclairante d’une « sainteté » qui nous semble aux antipodes de nos propres vies : le saint est celui qui « mène une vie irréprochable, en tous points conforme aux lois de la morale et de la religion ». Voilà bien une forme de sainteté parfaite qui paraîtra sans doute inaccessible à la plupart d’entre nous, j’imagine, d’autant plus que nous savons bien que la perfection n’est pas de ce monde, et qu’elle n’a rien à voir avec cette sainteté dont nous parle l’Écriture.

En effet, si nous sommes tous appelés à la sainteté, dans le contexte qui est le nôtre aujourd’hui, ce n’est pas seulement pour correspondre aux modèles reçus, et ainsi réussir sa vie et son salut personnel en vue du bonheur parfait. Non, le chemin de sainteté que nous proposent les Béatitudes n’a que peu à voir avec un quelconque héroïsme de la piété, de l’ascèse ou des vertus. Mais il s’agit, devant la violence du mal, sa puissance, devant l’abîme de détresse qui saisit souvent notre monde, de manifester avant tout que Dieu s’y tient présent car des croyants y demeurent vivants, priants, aimants, comme des combattants du malheur et du destin. Rien de plus, mais rien de moins. Comme le dit l’Apocalypse, « tous ces gens vêtus de blanc viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l’Agneau ».

Il y a donc là plus qu’une question de sainteté, un véritable enjeu mystique : faire toujours foi au meilleur de l’humain et montrer que vivre en chrétien, ce n’est pas se tenir dans un état permanent de recherche de perfection, dans une attitude de modèle rappelant ainsi aux autres les bornes à ne pas dépasser. Non, vivre en chrétien, c’est suivre un chemin de vie fait d’« imperfections », à l’image de celui vécu par le Christ qui ne s’est pas seulement fait homme, mais qui a, lui aussi, connu l’échec et la souffrance, l’épreuve de la trahison de l’amitié, de la mort et de la descente aux enfers, avant de ressusciter le troisième jour.

Renverser notre échelle des valeurs

En relisant ainsi l’Évangile des Béatitudes, dans la foi en la résurrection, mais à la lumière de l’image du Christ en croix, nous comprenons que nous sommes invités à laisser crucifier notre bon sens raisonnable et vertueux, afin de faire nôtre le regard de Dieu : Dieu qui fait de la pierre rejetée des bâtisseurs la pierre d’angle, Dieu qui regarde comme aimable ce qui aux yeux des hommes est sans noblesse, « ignoble ». Voilà le scandale, la folie qui renverse notre échelle des valeurs, c’est-à-dire qui la remet debout pour la sanctifier ! Voilà d’où la foi chrétienne peut puiser la force de voir la sainteté, là où il n’y a, à vue humaine, rien de bon à voir !

Dès lors, ceux que nous côtoyons pourront comprendre que le chemin de sainteté ouvert par l’Évangile ne s’enracine pas en dehors de leur histoire très concrète d’hommes et de femmes d’aujourd’hui, mais qu’elle leur rend, qu’elle nous rend accessible l’ordre de la liberté, en assumant toutes les imperfections contingentes, tous les ratés de nos vies non comme des limites ou comme des concessions résignées à notre humanité, mais comme faisant partie intégralement de cette histoire d’amitié et de sainteté que Dieu a proposé un jour à l’homme, don sans repentance, trésor toujours porté dans des vases d’argile.

Fr. François-Xavier Ledoux, Dominicain

toussaint-202016



2/10/2016 - Joyeux Hégire 1438 ! Joyeux Roch Hachana 5777 !

Joyeux Hégire 1438 ! Joyeux Roch Hachana 5777 !

Heureux hasard  de la coïncidence du Nouvel an juif (Roch HaChana) et du Nouvel an musulman (Ras el Am) qui prend une dimension symbolique et fraternelle… Pour Einstein, le hasard est le nom anonyme de Dieu, ce Dieu-Providence qui oriente la vie de ceux qui se mettent à son écoute.

Autre hasard, tout aussi remarquable, des calendriers juif et musulman : Yom Kippour sera célébré le 11 octobre en même temps que la Achoura des musulmans. Yom Kippour, la fête du Grand Pardon, est considéré comme le Shabbat des sabbats. L’Achoura marque selon les traditions, l’accostage de l’Arche de Noé, Adam se repentant après avoir quitté le paradis céleste et la libération par Moïse du peuple juif de l’esclavage pharaonique.

Cette concomitance peut-elle être un signe de Dieu invitant à la réconciliation, en particulier en Terre Sainte ? C’est ce que veut croire le père jésuite David Neuhaus, vicaire patriarcal pour la communauté catholique hébréophone d’Israël, qui remarque la portée symbolique de la venue du président palestinien aux funérailles de Shimon Peres.

Puissent ces coïncidences, ouvrir nos cœurs pour annoncer la bonne nouvelle d’une année de paix et de compréhension entre ces communautés entre elles, et avec notre humanité commune. C’est la tâche à laquelle les Artisans de Paix espèrent contribuer.

Paula Kasparian,
Présidente des Artisans de Paix

Nouvel an juif et musulman

L’Hégire en bref

L’Hégire correspond au premier jour de l’année du calendrier musulman ou hégirien.
Il marque l’exil du prophète Mahomet de La Mecque vers Médine en 622. C’est en quelque sorte l’année 0.
C’est l’observation à l’œil nu de la nouvelle lune qui signale le début du mois pour les musulmans, et non le calcul astronomique. Or, le premier croissant de lune peut être visible à Riyad mais pas au Caire, d’où des différences de début de mois entre les pays. La date de début de chaque mois dépend de ce qui est visible dans chaque lieu. Par conséquent, les dates varient d’un pays à l’autre, généralement d’un jour ou deux seulement.
Le calendrier musulman est basé sur 12 mois lunaires, de 29 à 30 jours chacun. Et il ne compte que 354 ou 355 jours. En France, l’année 1438 de l’hégire, a débuté le 2 octobre 2016 et finira le 21 septembre 2017.
C’est pour cela que la plupart des fêtes comme l’Aïd ou le Ramadan sont décalées de 10 à 11 jours chaque année dans le calendrier civil.

Roch Hachana en bref

Roch Hachana marque le début de l’année juive. Elle a débuté ce 2 octobre au soir et doit s’achever ce mardi 4 octobre.
Selon le calendrier juif, nous entrons en l’an 5 777, à compter de la date de la création du monde.
Fête austère, le Roch Hachana ouvre une période de 10 jours de pénitence, elle serait propice à l’introspection. Au bout de 10 jours, on célèbre le Yom Kipour (le grand pardon), qui se traduit aussi par un jeûne.



14/9/2016 - Conférence internationale de la Paix 2016

Conférence internationale de la Paix Unesco 2016

La paix du monde commencera par la paix des cœurs. Pour les Artisans de Paix comme pour Pierre Teilhard de Chardin :

« L’avenir de la Terre n’est pas à chercher
Dans la contemplation d’une même vérité,
Ni d’un même idéal,
Ni dans l’assouvissement d’un désir suscité par quelque envie ou besoin matériel,
Mais dans l’attrait exercé par les personnes entre elles.
Il s’agit de la rencontre de centre à centre, de cœur à cœur, des unités humaines, vers un esprit nouveau, un esprit d’amour
.
Pierre Teilhard de Chardin, L’avenir de l’Homme.

Cette rencontre est tout le travail des Artisans de Paix.

Il se prépare par la Réorientation du désir de chacun, vers la Source de vie de tous. Pour un chrétien, la Source de vie est le cœur transpercé du Christ qui nous attire à Lui en nous abreuvant de Sa vie, la divine miséricorde. En Lui, avec saint Ignace et tous les saints, nous disons à Celui qu’Il nous recommande d’appeler Père :

« Prends et reçois, toute ma liberté,
Ma mémoire, ma volonté, mon intelligence,
Tout ce que j’ai et possède.
Tout vient de toi,
Je te le rends,
Fais-en ce qu’il te plaira.
Donne-moi  de t’aimer.
Ta Grâce me suffit».

Prière de saint Ignace de Loyola, proposée le dernier jour de ses Grands Exercices Spirituels, à l’issue d’une journée consacrée à la Contemplation pour parvenir à l’Amour.

De l’accueil de Ta Grâce, vient la paix du cœur
Et avec son rayonnement dans les cœurs, la paix du monde.

Paula Kasparian

Télécharger le programme de la conférence internationale de la Paix Unesco 2016.



19/7/2016 - 14 juillet 2016

En profonde compassion pour les victimes de l’attentat du 14 juillet 2016 et leurs familles, dans le recueillement en pensant à cette si belle ville fleurie pour la circonstance, par des fleurs symboles : l’amarante, fleur locale qui ne fane pas et symbolise pour cela, l’immortalité ; l’orchidée, si économe en ressources et si riche en beauté ; la rose blanche, symbole de pureté. Plus que jamais, le monde a besoin de contempler la Beauté pour se ressourcer et œuvrer à la paix.
Paula Kasparian, présidente d’Artisans de Paix.

Notre frère et ami, Tarik Abou Nour, imam et théologien musulman, chargé des relations publiques d’Artisans de Paix avec les traditions musulmanes, ainsi que de penser théologiquement parlant la Fraternité Islamique des Artisans de Paix, fait des prêches dans les mosquées, condamnant inlassablement les attentats au nom de la religion. Il nous envoie ce lien : Condamnation et consternation dans les mosquées de France



1/7/2016 - Bonnes vacances ! Une invitation à se désintoxiquer des bruits et à écouter les leçons du silence…

Bonnes vacances ! Une invitation à se désintoxiquer des bruits et à écouter les leçons du silence…

“Un silence qui n’est pas écoute est athée” disait mon ami, Claude Bruaire. Il s’agit de faire silence pour écouter… Être attentif à la main de l’Artiste qui nous crée… Demeurer humide comme l’argile lorsqu’il est malléable à la main du créateur… Vivre de Sa présence! Dans cette écoute attentive, peut-être entendrez-vous un appel à devenir artisan de paix en vous-même, autour de vous jusqu’aux extrémités de la terre, en passant par cette étape intermédiaire qu’est l’Europe dont la construction a pour finalité première, la paix entre les nations.

“Donner une âme à l’Europe, une tâche pour les Artisans de Paix” est la proposition de la 68ème lettre trimestrielle des Artisans de Paix.

Pour nous disposer à cette irrigation intérieure qui nous rend malléables comme l’argile dans la main du créateur, je vous suggère d’être attentifs au miracle de l’Unité plurale qui fait vivre les Artisans de Paix : elle n’absorbe pas les autres, ne les exclut pas, n’est pas un syncrétisme non plus, mais  elle est une conversion constante à l’Au delà de tout se donnant à contempler dans le visage de chacun(e) dont se révèle l’unicité…

“Un homme qui ressemble à Dieu est un homme qui ne ressemble à rien” dit Maitre Eckhart dans un de ses sermons. Il est unique comme Dieu est unique, semblable en ceci à ses frères… Tel est le sens de l’unité plurale des Artisans de Paix, à vivre et à gouter. Très bel été à vous!

Paula Kasparian,
Présidente des Artisans de Paix

 

Faire silence

 

II faudrait mettre à profit les congés pour se désintoxiquer du bruit et écouter les leçons du silence.

Au détour d’une rue mouvementée, submergée par le tintamarre de la circulation, émerge encore parfois un insolite : « Silence. Hôpital ». Entre un discours et un coup de clairon devant le monument aux morts, on vous invite encore parfois à faire « une minute de silence » ! Le silence serait-il, aujourd’hui, réservé aux malades et aux morts ?

Il faut bien reconnaitre que les espaces et les temps de silence se font de plus en plus rares. Flash d’informations dès le saut du lit. Course marathon pour se rendre à son lieu de travail. Grondement des machines ou bourdonnement des ordinateurs. Sonneries du téléphone. Rumeurs des cantines ou des restaurants. A nouveau bousculades sur les quais de banlieues ou du métro pour le retour chez soi. Télévision non-stop. Et ces « baladeurs » qui vous poursuivent jusque sur les plages des vacances ! …

Sevré de silence, l’homme risque de vivre à la périphérie de lui-même ; ce qui n’est pas sans conséquences personnelles et sociales. De nombreux symptômes, plus ou moins graves, ont été analysés par les psychosociologues ou les éducateurs.

La fragilité et l’instabilité de l’individu déraciné de ses propres profondeurs rejaillissent nécessairement sur la vie des couples, des familles, des groupes sociaux.

Difficulté pour les enfants de se concentrer ; superficialité des relations ; consommation accrue de tranquillisants ou de somnifères ; inadaptation chronique ; agressivité à fleur de peau ; dépression. Dispersion ; recherche éperdue dans l’évasion, la drogue et les sectes…

Le désarroi ressenti par tant de nos contemporains manifeste que l’homme a probablement évacué une dimension essentielle de lui-même.
Comment être soi-même sans cultiver une certaine qualité de silence ? L’homme qui n’intègre plus le silence ne perd pas seulement un art de vivre, une qualité de vie mais une composante structurelle de son être profond. « Si j’étais médecin et si l’on me demandait ce que je conseille, je répondrais : faites silence, faites taire les hommes ! » disait Kierkegard.

Fort heureusement, de plus en plus de nos contemporains ressentent l’urgente nécessité pour leur propre équilibre de casser, de temps en temps, le rythme de ce tourbillon de la vie moderne. Il nous faut impérativement retrouver les bienfaits du silence. Ne pas attendre de «craquer » pour inventer, au moins périodiquement, une autre manière de vivre et faire de nos vacances un vrai temps de repos pour le corps et l’esprit. Première forme de désintoxication du bruit. Se libérer de la tyrannie de la télé. Retrouver la saveur de plaisirs simples.

Marcher le matin, quand la plage est encore déserte, sur le rivage de la mer.

Flâner dans les petits chemins creux de la campagne.

S’approcher à pas lents d’une source.

Admirer la délicatesse des nervures d’une feuille, l’habilité besogneuse d’une fourmi, la perfection d’une fleur.

Goûter le charme et l’humble pénombre d’une église romane dont il a fallu aller chercher la clé chez une voisine.

Se plonger dans le silence comme dans un bain qui régénère.

Non pas le silence absolu qui détruit l’homme. Pour être à mesure humaine, le silence doit être tissé de bruits discrets. La première étape de l’apprentissage du silence consiste souvent à réapprendre à apprivoiser ces mille et une petites notes qui composent la musique du silence. Ecouter la complainte du vent, le crépitement du feu, le chant de la cigale ou d’un oiseau, le murmure du ruisseau, les bruits familiers du village ou de la maison qui ne rompent pas le silence mais le tissent. Le silence est un apprentissage ou plutôt une rééducation de nos facultés d’attention.

Le silence est comme une note suspendue qui permet de mieux entendre celle qui précède et celle qui suit. Il prépare la qualité nos rencontres. Le silence est une école du respect. Respect de la création. Respect de l’homme…

Le silence est un pédagogue qui nous apprend à écouter. Ecouter la musique de la création, pour en saisir la secrète harmonie. Ecouter notre cœur, notre conscience pour mieux nous connaître et diriger notre vie. Ecouter les hommes pour nous enrichir de leur diversité et mieux les aimer. Ecouter Dieu, son Esprit qui parle en notre cœur. Celui qui ne sait plus écouter la musique de la création, ne saura pas écouter les autres et encore moins le silence de Dieu.

Ecouter, mais aussi sentir, toucher, retrouver le contact avec la matière brute. Pétrir de la terre. Caresser un caillou. Marcher pieds nus sur le sable. Piétiner les aiguilles de pin d’un sous-bois. Tout peut devenir école d’attention, de présence à la création, aux autres et à soi-même.

Le silence est une composante psychophysiologique de la personne humaine. Notre croissance, pour être harmonieuse, doit nécessairement se structurer dans deux directions complémentaires : l’extériorité et l’intériorité. L’homme ne devient lui-même que dans l’équilibre de ce double mouvement : extériorisation, relation aux autres, au monde, et intériorisation, recul, silence, réflexion. Un peu à l’image des mouvements alternés du cœur qui se contracte et se détend dans un battement régulier.

Michel HUBAUT, franciscain



18/5/2016 - Rencontre interreligieuse du 18 mai

Les Artisans de Paix s’engagent dans une voie de croissance en humanité, une voie de sanctification pour certains ; ils s’y engagent en s’appuyant les uns sur les autres, avec la diversité des traditions représentées parmi eux, sans syncrétisme ni confusion, ce qui spécifie l’Institut Spirituel Itinérant Artisans de Paix.
 



10/4/2016 - Réunion interreligieuse du 10 avril

Telle est la voie des Artisans de Paix : rassembler dans l’unité les Artisans de Paix, dès lors que chacun parle sa propre langue et entend les autres parlant une langue étrangère, dans sa propre langue. C’est le miracle de l’unité plurale des Artisans de Paix qui avancent sur une ligne de crête où il ne s’agit ni d’exclure, ni d’inclure, ni de relativiser le message de chacun.
 



6/4/2016 - Décès du Père François Marty SJ

Chers associés et amis des Artisans de Paix,

Les Artisans de Paix sont en deuil. Le père François Marty SJ a rendu l’âme le jeudi de Pâques, le 31 mars 2016, à l’âge de 90 ans.

Il fut, est et sera un fidèle compagnon du Mouvement Artisans de Paix, depuis sa naissance. Il intervint dans les premières conférences de notre Association, notamment dans les années 1997-2002 où fut posé le paradigme des Artisans de Paix, avec la pierre angulaire de notre pensée.

Il intervint jusqu’en 2009. En 2010, les déplacements lui étaient devenus difficiles. Il continua de porter notre Mouvement dans sa prière et je suis persuadée qu’il continue de le porter aujourd’hui, dans la Lumière qu’il a très certainement rejointe, étant données la droiture et la bonté de sa vie.

Il nous laisse une œuvre philosophique et spirituelle considérable, notamment ses deux thèses de philosophie, l’une sur “Les sens spirituels chez saint Thomas d’Aquin”, l’autre sur “La naissance de la métaphysique chez Kant”.
L’évolution de sa pensée marque le tournant de Vatican II qu’il a contribué à intégrer dans la vie de l’Eglise.

A noter aussi sa traduction de « l’Opus postumum » de Kant,ainsi que son ouvrage sur « Sentir et gouter – Les sens dans les Exercices spirituels de Saint Ignace » qui montre qu’il fut, est et sera un authentique Compagnon de Jésus donnant sa vie pour une transfiguration de l’univers.

Ses obsèques ont eu lieu mercredi 6 avril à 10 h, à l’Eglise Saint Ignace, 35 rue de Sèvres, 75006 Paris. Artisans de Paix y était représentée par plusieurs d’entre nous. Portons-le tous dans notre prière. Il nous porte dans sa louange éternelle.

Paula Kasparian
Présidente d’Artisans de Paix

Petite biographie et bibliographie de François Marty SJ :
Licencié en théologie, docteur en philosophie (Université grégorienne, Rome), docteur d’état ès-Lettres (Sorbonne, 1975) — Professeur de philosophie au Centre Sèvres de Paris (1974-1996), professeur invité à l’Institut catholique de Paris (1975-2000) — Directeur de la revue Archives de Philosophie(1991-2000) — Auteur de La perfection de l’homme chez saint Thomas d’Aquin (Analecta Gregoriana, 1962) ; La naissance de la métaphysique chez Kant(Beauchesne, 1980) ; La bénédiction de Babel. Vérité et communication(Cerf, 1990) ; L’homme habitant du monde. À l’horizon de la pensée critique de Kant(Champion, 2004) ; Sentir et goûter. Les sens dans les Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola (Cerf, 2005) — Éditeur scientifique de Emmanuel Kant, Opus postumum, Passage des principes métaphysiques de la science de la nature à la physique (Presses universitaires de France, 1986) ; Kant über Religion (avec F. Ricken; Kohlhammer, 1992) — Traducteur (en collaboration) de Kant, Œuvres, éd. F. Alquié, t. I-III (Pléiade, 1980-1986).

Sur son œuvre « Sentir et gouter » :
« Sentir et goûter », le titre de ce travail, vient tout droit des Exercices de saint Ignace. Très précisément d’annotations aux Exercices, rédigées en vue d’aider celui qui les « donne ». Si ces Exercices sont un chemin fait à deux – celui qui donne les exercices et celui qui les fait –, on ne pourra que noter la discrétion que se doit d’observer celui qui les donne. Son rôle : fournir une base solide au retraitant pour que celui-ci fasse son propre itinéraire, ses propres découvertes, expérimente le « sentir » et le « goûter » dont il est question. En un mot, trouve les voies de l’intériorité. Car « ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui rassasie et satisfait l’âme mais de sentir et de goûter les choses intérieurement ». C’est dans ces termes que se formule toute la recherche du retraitant qui, ultimement, tend à l’écoute du Maître intérieur. C’est bien le cœur des Exercices qu’annonce Ignace quand il parle de « sentir et goûter ». C’est toute la richesse, la complexité et le caractère si personnel des Exercices que François Marty nous invite à explorer. « Quand il s’agit de sentir et goûter, nul ne peut le faire à ma place, c’est à chacun de prendre en charge cette expérience. Ainsi en va-t-il du chemin spirituel, car il n’y a pas de modèle standard pour l’écoute du Maître intérieur ». Non seulement François Marty propose une lecture originale des Exercices, de leur structure et de leur contenu, mais il le fait en gardant présents à l’esprit les problèmes les plus concrets de notre temps, ceux liés à la science, au développement, à la préservation de la création. Bref, tout ce qui touche l’homme, sa vie et son avenir. Philosophe, en constant dialogue avec la théologie, François Marty fait ici une proposition de premier plan pour penser l’expérience spirituelle.



14/1/2016 - La Video du Pape – Dialogue Interreligieux



30/12/2015 - Très belle année 2016

Vœux pour 2016 de la part de Jocelyne Delafraye
Chère Paula à toi et à tous mes amis Artisans, je souhaite une très belle année 2016. Que l’amour, la joie, la paix, nous fécondent sous le signe du Souffle de l’Esprit.

Beaucoup d’émotion, de gratitude aussi, après le week-end inter religieux des Artisans de paix, initié par notre chère Paula. Émerveillement de voir, qu’en ces temps troublés, chacun, musulman, juif, chrétien, a su ouvrir en lui, une place en creux pour recevoir l’autre en son altérité. Ce lieu qui n’est pas un lieu, cet espace du cœur, où silencieusement Dieu se tient, sans confusion des Traditions, a fait lien. Il fut passage vers l’autre, relation, communion.
Le thème de ce weekend-end, au sein d’une abbaye cistercienne, était : « Le commencement ». Ne nous faut-il pas, nous aussi, pour créer du neuf, devenir, à chaque instant un commencement ? Nous arracher à ce qui nous limite, nous effraie, nous écrase ? Renaître de Esprit, sans cesse enrichi de la différence et du Souffle de l’Autre. Tels sont les vœux que je formule pour l’année 2016 ! Encore merci.
Bien à vous tous.

Jocelyne Delafraye, le 30 décembre 2016



13/12/2015 - Une vie de Tikoun

Une vie de Tikoun – par le rabbin Yeshaya Dalsace.

« Baroukh dayan haemet », le père de Maayane Dalsace, le beau-père du rabbin Yeshaya Dalsace, est décédé ce 18 kislev 5776.

Jean Claude Mlynarski de son nom hébraïque Hayim Yossef ben Avraham Meïr et Alta Anna est né Rosh Hodesh Nissan en 1932. Son père était issu d’une famille hassidique de Jedzedrov et sa mère la fille d’un rabbin et tsadik : Herschel Tsvi Kotsker Abeli, hassid de Kotz puis de Gur qui, dans une grande pauvreté, était le melamed du H’eder (enseignant de la Torah) à Pinschow (Pińczów) petit Schtetl au nord de Cracovie.

Les parents de Jean Claude étaient cousins et avaient été mariés par Shidoukh. Son père arriva en France dans les années 1920 et fut fabriquant de chapeaux à Paris. Sa femme le rejoignit et naquirent alors trois enfants. Jean Claude était le dernier.

Comme la plupart de ces Juifs polonais, l’émigration vers la France fut synonyme d’une bonne intégration et d’une certaine réussite sociale, mais aussi de l’ abandon d’un judaïsme de stricte observance.

Durant la guerre, la famille Mlynarski fuit en zone libre et changea plusieurs fois de lieu de résidence. Ils finirent par prendre le nom de Minart.

Après l’invasion de la Zone italienne, les Allemands firent à Grenoble une grande rafle, vérifiant chaque passant, descendant les culottes si nécessaire. Jean Claude, de retour de l’écol, devait traverser le pont barré par les Allemands et ne pouvait échapper à ce contrôle. Ses parents, au courant de ces rafles, étaient affolés. Il n’eut pas à présenter ses faux papiers, petit garçon blond aux yeux verts, un soldat SS le trouva assez « aryen » à son goût et décréta : « blondes haar, blauen augen ! » et le laissa passer sans y regarder de plus près. A quoi tient la vie !

Le danger était trop grand, l’enfant fut placé chez les pères dominicains à Coublevie dans l’Isère. Là, il fut sauvé grâce à l’Abbé qui, un jour, réussit à renvoyer avec fermeté la milice venue chercher le gamin juif qui se cachait là et se montra assez convaincant pour leur faire croire que l’information était fausse. A Coublevie, dans la cours de l’école, un gamin arrivé aussi de Grenoble reconnut Jean Claude et tiqua au nom de Minart : « ton vrai nom c’est Mlynarski ! » devant les autres enfants. Cela sema un moment de trouble, dont les conséquences auraient pu être graves. Jean Claude eut le bon réflexe : « non, mon nom est Minart, c’est toi le menteur et d’ailleurs tout le monde ici sait que tu triches aux billes, alors pourquoi te croire ! ». Une fois, Jean Claude devait assister à la messe comme tous les enfants et il ne voulait surtout pas se faire remarquer. Il prit donc son tour dans la queue pour communier, lorsque le curé lui rappela : « voyons Minart, vous n’avez p as encor e fait votre communion ! »… Par ailleurs, un des frères dominicains l’accompagnait souvent en promenade, lui parlant de la nature et des beautés de la création, cherchant à l’emmener doucement vers le christianisme… Le petit garçon se disait dans sa tête : « cause toujours, je suis Juif… et le resterai ». A la libération, au printemps 1945, Jean Claude fit sa Bar Mitsva à la synagogue de Nazareth à Paris.

Toute la famille venue en France avant guerre avait échappé à la déportation, mais son meilleur ami d’école élémentaire et lointain cousin, avec qui il échangeait ses Mickey magazines, avait été déporté avec toute sa famille et Jean Claude évoquait souvent sa mémoire.

Sa mère notamment avait aidé quantité de Juifs à se cacher et s’alimenter. Elle faisait des kilomètres dans la montagne pour apporter par petites quantités des vivres aux divers réfugiés sous sa protection dispatchés dans diverses planques. Après guerre, Jean Claude vit bien des gens venir rendre visite à ses parents, les remercier et lui dire : « sans ta mère, je ne serais pas ici aujourd’hui ! »

Dès que tomba la nouvelle de la libération de Paris, son père prit le premier train pour la capitale afin de récupérer son entreprise de chapeaux qui avait été aryanisée. Le nouveau « propriétaire » refusa de le laisser entrer. Monsieur Mlynarski alla aussitôt chercher un ami FTP qui débarqua avec quelques camarades mitraillette au poing et ne donna que quelques heures au « propriétaire » pour évacuer les lieux, faute de quoi cela allait barder… C’est ainsi que la désaryanisation fut aussi « efficace » que l’avait été la spoliation, évitant ainsi de bien longues et pénibles démarches administratives.

La vie de la famille reprit ainsi son cours dans le Paris de l’après-guerre. Par contre, du côté polonais personne de la famille ne survécut. A Pinczow, ville à 70% juive dont la communauté remontait au minimum au 16e siècle, avant guerre il y avait là 4000 Juifs, la plupart très pieux. Tante Hélène (Jablonski) que j’ai bien connu (dernière fille d’Herschel le tsadik) nous racontait que jeune fille, elle aimait à aller s’amuser avec les « sionistes » qui dansaient et parlaient de l’espoir de construire un pays juif… Autant dire que son père, très opposé au sionisme, n’était pas très content. Heureusement, Hélène (de son vrai nom H’aya, dont ma fille Noam or H’aya a hérité) arriva in extremis en France grâce à sa sœur Alta Anna et fut ainsi sauvée. Dernière vivante de cette génération, elle était venue très âgée à notre mariage à Jérusalem en 1994. Le sort des Juifs de Pinczow fut particulièrement douloureux : les Allemands se déchainèrent, humiliant et frappant, tuant d es enfants devant leurs parents, puis toute la communauté fut envoyée à Treblinka et gazée directement en octobre 1942. Nous savons que Herschel à la longue barbe, à la piété bien connue, fut la cible des moqueries et des humiliations de ces ordures dans les rues de Pinczow et mourut avec tous les siens à Treblinka. Il n’eut bien entendu ni tombe, ni cérémonie et l’enterrement très émouvant de Jean Claude en fut le Tikoun. Notre fils Elhanan Touvia Herschel porte son nom.

Jean Claude étudia la médecine et revint au nom de Mlynarski contrairement à son frère Pierre qui fut dentiste sous le nom de Minart. Jean Claude fut pédiatre, puis devint neuropsychiatre et psychanalyste. Il était un freudien pur et dur, n’aimait guère Lacan, et se méfiait des lacaniens qu’il considérait comme peu fiables sur le plan thérapeutique.

Il fréquenta bien évidemment le cercle de « psychanalyse et Torah » et les cours d’Emmanuel Levinas. Peu à peu, il approfondit son judaïsme et renoua avec le monde hassidique au fil des ans. Il adorait les enfants et n’eut qu’une fille, Maayane. Le lien entre eux était et restera l’un des plus forts que je n’ai jamais vu entre un père et une fille.

Dans notre histoire, jean Claude a toujours été présent, venant très régulièrement en Israël. Il fut là pour chaque naissance de nos cinq enfants. Toujours très attentif à l’aspect médical, pour la mère comme pour le bébé, toujours inquiet du moindre trouble, du moindre risque. Même en plein accouchement, nous discutions tous les deux dans un coin de la pièce de judaïsme, passion commune, et Maayane en rit encore…

Il prit sa retraite et vint s’installer à Jérusalem, non seulement pour réaliser un vieux rêve, mais aussi pour être proche de nous et s’occuper de ses petits-enfants qui étaient tout pour lui. Il fut un grand-père absolument extraordinaire. Lorsque notre fille ainée Anna-Noga est née, je me demandais quel grand-père il serait, puisqu’il n’avait jamais vu aucun de ses grands-parents. Je lui offris même à ce moment-là « L’art d’être grand-père » de Victor Hugo… Je m’en veux encore car vraiment, avec tout le respect pour le grand Hugo, Jean Claude ne pouvait être surpassé. Sa fille et ses petits-enfants ont été jusqu’au dernier souffle le centre de sa vie.

Quand nous sommes venus en France pour assurer la mission rabbinique, il continua les allers et retours entre Israël et la France. Il avait besoin de l’air d’Israël, de l’air de Jérusalem… Mais comme il aimait à le dire avec une grande subtilité : « mon Jérusalem, c’est mes petits-enfants »… Il devait donc nous courir après…

En Israël, il fréquenta très régulièrement une petite cour hassidique très stricte, celle de Ziditshov. Il était bien sûr allé voir les hassidim de Gur, puisque son grand-père était de Gur, mais c’était trop grand et inaccessible pour lui car les hassidim étaient très nombreux. Alors que la cour hassidique de Ziditshov, autrefois glorieuse, est toute petite et se limite à la famille du rebbe de Ziditshov lui-même et une poignée de hassidim. L’admour (le rebbe héréditaire) de Ziditshov le rav Alter Cahana était en effet un personnage assez extraordinaire, d’un accueil et d’une gentillesse rare. Je suis allé assez souvent dans ce petit Shtibel avec ce groupe de hassidim en bas blancs et en shtreimel, le rebbe faisant sa drasha en yiddish et distribuant des bonbons aux enfants à payess. Un monde authentique sauvé des flammes… J’ai même emmené le shabbat matin des touristes, Juifs français, à cet endroit pour qu’ils voient ce qu’est ce judaïsme là et le rebbe les a fait monter à la Torah sans même demander qui ils étaient vraiment, chose presque incroyable dans ces milieux très fermés. Quel accueil ! Jean Claude était devenu très proche de ce rebbe extraordinaire qui est décédé il y a une douzaine d’années. J’étais alors de passage en Israël et j’ai assisté à son enterrement nocturne (car à Jérusalem on enterre le même jour que le décès), un moment fort. Le rebbe, pour la naissance de notre fils Elhanan, avait donné un peu d’ail et de sucre en cadeau : l’ail pour qu’il soit « h’arif » (épicé, c’est-à-dire intelligent) et le sucre pour qu’il soit doux de cœur. Brakha pleinement réalisée.

En France, Jean Claude fréquentait la très stricte synagogue Adath Israël de la rue Basfroi. Il fut proche du Rav Schlammé qui faisait régulièrement appel à lui comme psychiatre pour certains cas délicats qui existent bien entendu dans la petite bulle de l’ultra-orthodoxie. Sans pour autant être un « frum », Jean Claude qui ne mit jamais une kippa noire ou un habit orthodoxe quelconque, fut proche de ce milieu par souci de rechercher son grand-père assassiné et par respect pour la flamme spirituelle qui s’y trouve encore. Il me disait parfois avec malice : « que voulez-vous, c’est ma nouvelle psychanalyse ! » Tout en restant assez critique sur la fermeture et sur certains excès de ces milieux, il aimait cette yiddishkeit débordant de tous côtés, ce goût bien particulier d’un monde disparu, tous les petits minhagim de chaque fête, les airs, l’hospitalité… Il adorait suivre les drashot et les cours en yiddish, langue des scènes de ménage de ses parents, qu’il maitrisait as sez mal au départ, mais dans laquelle il avait bien progressé au fil des ans. Malicieusement, il parlait au chat et chien de notre maison en yiddish, langue tendre et de certains secrets peut-être accessibles à l’âme d’un chat (nommé d’ailleurs d’un nom yiddish : Farschpiltekatz).

Au retour de chez ses hassidim, il disait souvent : « je reviens plein du monde d’une enfance qu’on m’a volé et que je n’ai pu connaître ». Comme tant d’autres, il aurait pu se mettre lui aussi à une pratique excessive, s’enfermer au reste du monde ; mais loin de là, il était bien trop fin, trop lucide sur l’humain, à commencer par lui-même, et intelligent pour tomber dans un tel piège. Au contraire, les nombreux jeunes gens à la Teshuva trop forte et trop ostentatoire, l’agaçaient. Il avait bien trop de recul intellectuel pour s’embourber dans une excessive frumkeit, mais en même temps il avait assez de rigueur intellectuelle et spirituelle pour être un pratiquant sérieux.

Mais comme bien d’autres également dans son milieu de psychanalystes parisiens, il aurait pu ne jamais franchir le pas et regarder la terre d’Israël, j’entends la pratique juive, de loin. Jean Claude fut un des rares dans ce milieu à renouer véritablement avec un monde de Torah authentique et à avoir cette magnifique humilité de ne pas juger sans faire, car le judaïsme passe autrement que par les mots et les textes, il passe par les actes et les rites. Or cette dimension là, bien peu de nos intellectuels juifs la connaît. Lui, voulait comprendre non seulement le monde du texte juif, mais aussi le monde de la neshama juive qui ne va pas sans le rite, les coutumes et les nombreuses mitsvot. Ce n’était pas un beau parleur, il cherchait ses mots et avait du mal à faire des conférences. Mais c’était un intellectuel solide et précis, un excellent psychanalyste et un esprit rigoureux.

Dans la pensée hassidique, Rosh Hodesh a une grande importance et représente la renaissance possible. Aussi, Jean Claude avait pour coutume d’offrir une seouda chaque Rosh Hodesh à sa synagogue. Trois shabbat sur quatre, il venait chez nous à Bagnolet. Habitant Fontenay sous bois, il profitait d’être à Paris pour se rendre à pied rue Basfroi près du boulevard Voltaire, sauf par très grande pluie, soit une heure et quart de marche aller et idem retour (sauf que cela monte assez sérieusement)… Cela jusqu’à deux mois avant sa mort !

Chaque shabbat également, il nous préparait au moins un repas qu’il apportait dans des boites, avec des h’alot, du vin et toujours des bonnes choses pour les enfants. Soit il restait avec le repas passer shabbat chez nous, soit il préférait retourner chez lui pour être tranquille. Plus d’une fois, il menaça de se mettre en grève, « le traiteur va prendre sa retraite ! » … C’était son côté un peu râleur. Evidemment, son plaisir était de se remettre dardar aux fourneaux et d’améliorer sa recette de tshoulent et autres spécialités traditionnelles, klepler, hering, kneidler, klops, boubele… exclusivement ashkénazes évidemment. Il était un excellent cuisinier.

Son rapport à Israël était très fort. Il adorait bien entendu Jérusalem et notamment le shouk de Mahané Yehouda. Mais il aimait aussi beaucoup Tel Aviv et son côté juif affranchi. Pour lui, comme pour tous ceux de sa génération, ce pays juif et libre était un rêve réalisé. Il n’était pas question de critiquer Israël, ni le judaïsme (pas plus que l’Amérique ou les italiens d’ailleurs…). En Israël, il se sentait à la maison. Il avait d’ailleurs pris la nationalité israélienne et même lorsqu’il fut contraint de revenir en France pour être près de ses petits enfants, le véritable centre de son monde, il allait au moins deux ou trois fois par an en Israël. Il tenait notamment à y être pour Soukkot et le rebbe de Ziditschov lui préparait toujours un loulav.

A Jérusalem, nous avions beaucoup tournicoté tous les deux pour explorer les diverses synagogues du quartier de Mea Shearim et des environs. La toute petite hassidout de Ziditschov, pour son accueil et sa modeste authenticité devint le lieu de son choix avec, également, une petite synagogue moderne orthodoxe (qui fut d’ailleurs autrefois une synagogue massorti) rehov Narkis juste au pied de l’appartement qu’il loua durant plusieurs années. Il passait très bien de l’une à l’autre et aimait toutes les facettes du judaïsme, même si le hassidisme était son adresse de prédilection et ses racines.

Lorsque le rebbe de Ziditschov tomba malade, il s’inquiéta de son sort, alla le voir chez lui, chercha à le convaincre de se nourrir et alla aussi plus tard le voir à l’hôpital et vérifier son dossier médical.

Voilà qui était Jean Claude, un homme modeste, fin, tellement juif, bon, indépendant et avant tout au service des autres. Le récit de ses funérailles dit assez bien l’excellent souvenir qu’il laisse auprès de ceux qui l’ont connu. Jean Claude eut en effet un enterrement hors du commun.

Ces dernières semaines, il était fatigué, il finit par être hospitalisé pour subir des examens. Il resta quelques jours à l’hôpital et finalement, mourut dans son sommeil lundi 30 novembre au matin. Il avait confié à Maayane combien être enterré en Israël était important pour lui, bien qu’ayant une place dans le caveau de ses parents à Bagneux. Après les premières heures passées à le veiller et dire des Psaumes, il fallut organiser les funérailles au plus vite. Coups de fil, démarches, etc… On opta pour l’achat d’une tombe dans le cimetière de Beit Shemesh entre Tel Aviv et Jérusalem. On demanda aux pompes funèbres s’il n’y avait pas un carré ashkénaze et l’on s’inquiéta aussi du rite ashkénaze vu que la ville est plutôt séfarade. On nous répondit qu’il y avait bien un carré, mais qu’il était sous le contrôle des hassidim de Gur, c’est-à-dire fermé à toute personne extérieure à ce milieu. Commença alors une négociation par téléphone et contacts interposés. Le mardi, on avai t déjà fait la levée du corps à Paris et le corps était parti pour l’aéroport et on négociait toujours… En fait, les Gur contactèrent les Ziditshov pour savoir qui était ce parisien avec ses velléités de venir parmi eux. Le rabbi de Ziditshov répondit : « si l’on me demandait si je serais d’accord pour être enterré à ses côtés, je répondrais que j’y verrais un honneur. Cela vous suffit-il, comme garantie ? » Du coup, feu vert pour une tombe parmi les Gur, et ainsi, pour Jean Claude une boucle se ferme avec son grand père, hassid de Gur brulé à Treblinka et donc sans « kever Israël ». Nous avons pris un vol de nuit, le cercueil en soute. Mercredi midi, nous étions peu nombreux au cimetière et n’avions pas eu le temps de prévenir grand monde. Mais étaient présents, outre le cercle des amis rapprochés et de notre maigre famille en Israël : le président de la rue Basfroi qui avait été très chaleureux avec moi au téléphone, le rabbin Kosman (traducteur du Talmud en français), le rav Yirmiyahou Hacohen, un temps Av Beit Din de Paris et rabbin de la rue Basfroi, qui fit un émouvant discou rs, et e nfin l’admour de Ziditschov en personne. Une telle délégation est rarissime. Non seulement cela, mais Jean Claude eu droit à tout un article très élogieux dans le petit journal communautaire des hassidim de Ziditschov, les murs de leur synagogue placardés d’annonces de deuil. Chaque jour des shiva, je suis allé prier chez eux et y dire le kaddish, leur accueil a été absolument exceptionnel. L’oncle de l’admour actuel et fils du vieux rebbe défunt vint rendre visite à Maayane en bas blancs et schtreimel chez nos amis artistes très bobo qui nous ont hébergé … Pas vraiment dans son milieu, mais d’une écoute et d’une gentillesse sans pareil. Un enterrement chez les Gur, en présence de rabbins importants, toute une hassidout marquant le deuil, un kaddish quotidien chez eux : pour Jean Claude qui avait tant voulu recoudre le tissus déchiré de ses racines juives, ce fut un tikoun, une réparation, extraordinaire qu’il n’avait pas je crois, osé envisager.

Jean Claude se nommait Hayim Yossef, c’est-à-dire « les vie de Joseph ». Or la parasha de la semaine de sa mort, vayeshev, entame le vaste récit des vies de Joseph. Joseph se caractérise par son vêtement déchiré, par son exil, sa perte et son tikoun final. Joseph est le personnage qui monte et descend sans cesse, qui subit la brisure et répare. Joseph est celui que l’on croit mort, mais qui est encore vivant. A la fin du livre de la Genèse, Joseph demande à être enterré en Israël, c’est celui qui même dans sa mort accompagne son peuple puisque son cercueil est transporté dans le désert durant 40 ans en parallèle avec l’Arche d’alliance. Joseph est surnommé « hatsadik », le juste, le droit. Joseph dans la kabbale est le yessod, la base sur laquelle un peuple peut s’appuyer, il est le fondement car sans lui, le peuple juif n’aurait pu être sauvé et n’aurait pas existé. Pour sa fille et ses petits enfants, pour ma petite famille, Hayim Yossef Mlynarski était ce yessod et pour nou s il ser a toujours vivant comme dit le verset de la Genèse « od Yossef h’ay ». Je sais déjà qu’un jour, un enfant juif, son arrière petit fils, portera ce prénom. Hayim Yossef est parvenu à recoudre le vêtement déchiqueté et ensanglanté de sa famille, il a reconstruit modestement et a mérité la reconnaissance de hassidim authentiques, il a transmis énormément.

Pour nous tous la perte est immense ; pour sa fille, un monde s’écroule ; mais dans le même temps, il nous laisse une magnifique énergie et un bel exemple à suivre. C’est pour cette énergie et pour cet exemple que j’ai pensé que ce récit et cet hommage méritaient d’être écrits et d’être rendus publics, pour qu’il offre à chacun un modèle de ce que peut être un Juif.

Que sa mémoire soit bénédiction.

יהי זכרו ברוך

Yeshaya Dalsace



30/11/2015 - Quatre propositions de Tarik Abou Nour

À l’initiative du Conseil Français du Culte Musulman, les institutions, fédérations, et grandes mosquées de France (près de 400 responsables musulmans) se sont réunies à l’Institut du Monde Arabe (IMA), hier, en présence des deux ministres Mr Jacques Lang et Mr Bernard Caseneuve.

Tarik Abou Nour, imam, théologien, représentant du charia board du CIFIE, chargé des Relations Publiques des Artisans de Paix avec les traditions musulmanes, représentant la FNMF dans ce colloque, y a fait 4 propositions concrètes :

1. Faire de la diversité une richesse, en manifestant l’unité plurale de l’Islam, le ciment de l’unité étant le respect et l’amour entre nous : deux valeurs intrinsèques de l’islam authentique, d’une éthique du Juste milieu et du bien vivre ensemble.

2. Matérialiser cette union par la création d’un centre de théologie indépendant et interdisciplinaire, qui devra représenter toutes les tendances de l’islam de France, en prenant de chaque tendance un ou deux cadres compétents (théoriquement et spirituellement). Ce centre devra comporter un département de dialogue interreligieux.

3. Renforcer le dialogue interreligieux dans nos mosquées et nos quartiers.

4. Créer des sukuk (titres participatifs), waqf et musharaka à l’instar de ce que CIFIE a commencé à faire pour l’école musulmane Eva de Mantes la jolie.



19/11/2015 - Vous n’aurez pas ma haine

En hommage aux familles endeuillées, en partage avec les Artisans de Paix, ce petit texte absolument merveilleux…

« Vous n’aurez pas ma haine.

Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son cœur.

Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’ai peur, que je regarde mes concitoyens avec un œil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.

Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de 12 ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès.

Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus. »




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