Pour une critique du monisme (matérialiste ou spiritualiste) et une coïncidence des opposés (matière/esprit, sujet/objet)


Nicolas de Cues (1401-1464), prélat, savant, mathématicien, scientifique et philosophe allemand, auteur de La docte ignorance

Le champ de la conscience humaine s’est élargi aux dimensions de l’univers, sans toutefois en approfondir le mystère. Le mystère n’est pas ce que nous comprenons mais cela même qui nous comprend. En sa matrice invisible s’engendrent les différents niveaux de la conscience. Cet accouchement de l’âme du monde et de l’homme ensemble, n’est-il pas l’objet traditionnel de la philosophie, aux confins des religions et des sciences ?


Date : 1/9/2014



Il est intéressant de voir comment les scientifiques et les philosophes parlent de Dieu, lorsqu’ils parlent avec la compétence qui est la leur, selon la logique qu’ils ont décidé de mettre en oeuvre, qui laisse ou non une place à la possible émergence du Dieu vivant dans leur histoire et celle des hommes de leur temps. Du point de vue d’une logique de l’étendue spatio-temporelle, cherchant des « lois » de cause à effet, Dieu apparaît comme « principe » ou « cause première », purement linéaire. Du point de vue d’une logique où l’Etre est Relation qui est une logique de l’information (ou du Verbe), cherchant des « règles » d’interprétation entre des événements qui ont chacun une certaine « valeur » et qui apparaissent comme les signifiants d’un texte à interpréter pour devenir des « signes », la cause apparaît de l’intérieur des sciences non plus comme purement linéaire mais comme circulaire, manifestant le dynamisme d’une Relation entre des êtres dont le Réel est voilé. S’opère alors une critique du monisme comme du dualisme, avec une possible coïncidence des opposés au sens où le suggérait Nicolas de Cues en son temps.

Les prophètes de la tradition hébraïque ont toujours lutté contre les images ou les définitions de Dieu considérées comme des idôles, la théologie négative de la tradition chrétienne aussi. Dieu se révèle au Sinaï à Moïse en un nom imprononçable YHWH signifiant « Je suis qui je serai » : il accompagne le Chemin de notre personnalisation. Les saints et les mystiques de toutes les traditions parlent de Dieu comme de l’Inconnu avec lequel ils entrent dans une relation vivante. Dieu se donne à connaître par l’expérience qui peut nous être donnée de la rencontre avec quelqu’un qui change notre existence… Parler de Dieu comme principe causal, c’est parler du Dieu des philosophes et non de celui que rencontrent les prophètes et les mystiques, même s’il y a une relation entre les deux qui peut être vue ou non selon la liberté de chacun. Parler du Réel voilé inaccessible à la science comme du dynamisme de la Relation étudiée par les sciences, c’est laisser la place pour chacun d’entre nous, à la possible émergence du Dieu des prophètes et des saints dans sa vie.

 

◊ Nassim Haramein : l’univers connecté

 

◊ Michel Cazenave – La conjonction des opposés, d’Héraclite à Carl Gustav Jung (Continents intérieurs)

 

Le point de vue d’un ingénieur systémicien, Richard Vitrac.

« Ma démarche intellectuelle est d’étudier la cohérence entre les démarches proposées par les religions et les résultats actuels de la science, dans un monde où toutes les religions se côtoient comme dans un rayon de supermarché. Il me semble qu’effectivement il faudrait un débat sur ces questions qui partirait des religions pour aller à la science et qui partirait ensuite de la science et de la logique pour aller aux religions avec la philosophie comme modérateur. Cela me semble être le grand chantier du XXI° siècle. C’est ce que les « Artisans de Paix » mettent en route et je vous en félicite », dit Richard Vitrac. « Le terme de Dieu correspond à ce mystère que l’on rencontre parfois : les trois nuits de st Jean de la Croix, les demeures de ste Thérèse d’Avila, comme les 10 terres des mystiques bouddhistes mettent en évidence que ce mystère est plus de l’ordre du « Chemin » que de l’ordre d’une réalisation définitive ».

Et il ajoute : « Mes travaux se situent dans des formulations maladroites pour représenter non une expérience mystique mais une compréhension scientifique du mystère de l’univers qui lui même se situe sur un autre chemin, parallèle au chemin de l’intériorité mystique. Mais dans ce chemin scientifique, l’esprit, en tant que principe pensant, a une place incontournable qui n’est pas explicité par la science matérialiste. Ainsi, en 2011 le physicien Stephen Hawking a écrit le livre « Y-a-t’il un grand Architecte dans l’univers » dont l’objectif est de démontrer « qu’il n’est nul besoin d’invoquer Dieu pour qu’il allume la mèche et fasse naître l’univers ». Je réponds à SH par le livre « Le Grand Architecte, réponse à SH » en montrant que sa démonstration prouve au contraire qu’il existe une « réalité » qui transcende la nature spatiotemporelle et qui est la source de l’existence. Elle éclaire tous les paradoxes de la physique et elle permet en plus de comprendre nos propres paradoxes et la source de nos maladies. »

Documents à télécharger :

Mon parcours de chercheur – 2012

La systémique, fondement de toutes les sciences – 2012

L’espace cognitif relativiste – 2012

Espace de Minkowski et Poincarré – 2012

Le grand Architecte de l’univers : Réponse à Stephen Hawking – 2012

Étude du fonctionnement du pilote d’un système – 2011

Interprétation systémique du paradoxe de la lumière – 2011

La guérison systémique à partir de la famille – 2010

 

Le point de vue d’un physicien lauréat de la fondation Templeton, Bernard D’Espagnat auteur de la thèse sur le Réel voilé

Le professeur Jean-Louis Léonhardt, philosophe herméneute des sciences, nous a envoyé la déclaration du professeur Bernard D’Espagnat lors de sa réception du prix Templeton, ainsi qu’un extrait de son Traité de Physique et de Philosophie, en ajoutant quelques informations (bibliographie, définitions) qui sont entre accolades {} et en surlignant certains passages afin d’en permettre une lecture rapide. Cet extrait est une critique radicale de tout monisme en philosophie des sciences, faite par un physicien. Jean-Louis Léonhardt a accompagné cet extrait d’un commentaire que nous présentons ici.

« A partir du moment où l’on reconnaît empiriquement la dualité (onde-corpuscule en physique, individu-société en science du social, espèce-évolution en biologie, matière-esprit etc.) il n’est plus possible de dire « Tout est …  » quand on parle du Réel. D’Espagnat admet le réalisme métaphysique en ce sens que l’existence des choses précède la connaissance que l’on en a et rejette donc l’idéalisme absolu. Il rejette cependant aussi le matérialisme absolu à la Comte-Sponville (tout est matière ou vide). Pourquoi ? »

« La dualité onde-corpuscule (impensable et impensée dans le rationalisme) l’oblige à admettre deux niveaux de réalité : le Réel (qu’il désigne par beaucoup de termes différents pour souligner notre incomplétude de connaissance sur lui : le fond des choses, réalité indépendante, le Réel etc.) et le réel empirique. Seul le réel empirique est connaissable à travers nos instruments (toutes les sciences utilisent des instruments aujourd’hui), aussi le Réel est-il voilé à la science. H. Zwirn exprime la même idée en parlant de cécité empirique. Ce voile n’est pas de fait mais de droit car il est la conséquence nécessaire de devoir penser la dualité, empiriquement éprouvée (je dis « penser le contradictoire ») » lien avec les articles de Jean-Louis Léonhardt.

« Certes nous disposons de formalismes (mathématiques en physique quantique) qui unifient l’expérience mais au prix d’abandonner que tout est connaissable. Il y a du mystère ou de l’incomplétude dans notre connaissance du monde. Il est donc impossible de dire Tout est matière ou tout est nombre ou tout est esprit en sciences etc… . Le piquant du texte de D’Espagnat est qu’il montre que Comte-Sponville reconnaît cela puisqu’il affirme que « le matérialisme est une option » ! Mais quelque peu perfide D’Espagnat montre que cette option était un croire possible au 18e mais qu’aujourd’hui c’est un croire incroyable ! »

Voici comment D’Espagnat termine : « Je me sentirais assez proche du néo-matérialisme comte-sponvillien si on lui apportait trois petits perfectionnements : Le premier serait de reconnaître la distinction entre réalité indépendante et réalité empirique et de ne pas appeler « matière » indistinctement l’une ou l’autre de ces deux réalités. Le second serait d’explicitement considérer la conscience comme émanant de la première et non de l’autre. Le troisième, conséquence logique des deux premiers, serait l’abandon du nom même de « matérialisme » pour désigner la philosophie en question ».

Documents à télécharger :

Déclaration du Professeur Bernard D’Espagnat lors de sa réception du prix Templeton visant à récompenser son effort réflexif touchant à la dimension spirituelle de l’existence – 2009

Traité de physique et de philosophie, extrait

 

Le point de vue d’un philosophe herméneute des sciences, Jean-Louis Léonhardt (CNRS)

Pourquoi notre connaissance est-elle nécessairement incomplète (de jure) ? Pourquoi l’incomplétude n’est-elle pas simplement provisoire et liée à l’histoire du progrès de notre connaissance (de facto) ? En d’autres termes, pourquoi sera-t-elle toujours incomplète et quelle est la preuve logique de cette assertion ? La « preuve » de cette assertion tient-elle à l’écart entre le caractère fini de notre vocabulaire et le caractère infiniment riche de la réalité ?

Le premier document est la réponse de Jean Louis Léonhart à cette question posée par un ami : il se demande comment nous sommes passés d’une pensée de l’incomplétude « de facto » à une pensée de l’incomplétude « de jure » et pour lui répondre, il s’aide de transparents illustrant sa communication orale sur la question dans le cadre d’un laboratoire de recherches sur ce thème.

Le second document est sa communication écrite relative à cette même question, fruit d’un travail réalisé dans le cadre d’un « laboratoire » de l’université catholique de Lyon consacré aux « Figures de la raison en sciences et en théologie ».

Documents à télécharger :

Que nous est-il arrivé ?

De l’impossibilité à la nécessité de penser le contradictoire en science et en théologie – 2007

 

Le point de vue d’un philosophe théologien, Christian Antonio Pagano, Congrégation pontificale St. Paul pour les média de communication

Il est à l’origine du Projet de la « Bènerie ». A la racine de l’édition et de l’éducation (termes signifiant sortir à la lumière) l’association de la Bènerie orientée vers une Fondation européenne au service de la Communication et l’Environnement, déjà attestée comme Agence d’Événements, lieu Événementiel, en fonction de l’Avènement : à savoir une formation sociale professionnelle et culturelle, entend s’élargir dans le cadre d’une plus large complicité à la fois écologique, économique et œcuménique en Europe et dans le monde.

Documents à télécharger :

Le projet La Bènerie – 19 janvier 2017

Le verbe infini – 19 janvier 2017

Le réel, cet inconnu – 3 février 2017

L’éternelle Trinité – 3 février 2017

L’amour en héritage – 3 février 2017

La vérité, symphonie éternelle – 3 février 2017

Jouissance et réjouissance pour Hélène – 3 février 2017

La libération du mal – 9 février 2017

 

La rencontre de deux œuvre centrées sur le langage : l’œuvre de Ludwig Wittgenstein (1889-1951) et le Prologue de l’Évangile de Jean, par Christian Saint Sernin

« Je sais que c’est ma main en ceci que cela fonde mon action » (§ 414)

« Fonder le témoignage des ses preuves, le justifier, cela connaît un terme ;
et ce terme n’est pas une proposition (= un principe) qui nous apparaîtrait évidente (un voir),
mais notre action qui se trouve à la base du jeu de langage. » (§ 204)

« La question que nous posons ou nos doutes reposent sur ceci :
certaines propositions sont soustraites au doute,
comme des gonds sur lesquels tournent ces questions ou ces doutes » (§ 341)

« Ce que je sais, je le crois » L Wittgenstein. De la certitude (§ 177)

« Et la parole s’est fait chair » Jean 1

Documents à télécharger :

Quand le langage est mis à vif…

 


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